DISCURSO DE APERTURA DEL DR. ALAIN PELLET,
PRESIDENTE HONORARIO DE LA
III REUNIÓN MUNDIAL DE SOCIEDADES
DE DERECHO INTERNACIONAL
Lima, 23 de
marzo de 2023
Mesdames et Messieurs, Excellences, Chers collègues
Nous nous retrouvons ici avec plaisir avec reconnaissance pour le président
Oscar Maurtua de Romaña et
son équipe. À deux reprises, les organisateurs
ont dû prendre des décisions difficiles. D’abord pour proposer que cette troisième rencontre des sociétés internationales ait lieu à Lima,
et puis ensuite, à cause de la pandémie
COVID et ensuite les événements politiques locaux, au fait on se demande si ont devait
maintenir la troisième
rencontre. Sagement l’ambassadeur
Maurtua a décidé qu’elle pourrait se tenir sous une forme mixte. Je pense que dans les deux cas, la société péruvienne a réussi à surmonter les difficultés, sage décision que sûrement a été difficile à
prendre et nos sociétés vont pouvoir échanger
leurs positions, leurs vues sur les grands problèmes internationaux du moment.
Jamais, depuis 1945, l’ordre juridique international n’a fronté des menaces et des défis aussi graves que ceux que nous connaissons, quelques- uns sont
immédiats, tous sont dus aux folies des hommes, à
l’incapacité des hommes politiques de assurer leur responsabilité à l’égard de population et de résister
au sirène de nationalisme
et du populisme.
Il y a
toujours eu des guerres et les nobles idéaux de 1919, 1928, 1945 de mettre la
guerre hors la loi n’ont jamais été complètement remplis. Je suis aussi convaincu
et conscient que l’agression russe contre l’Ukraine n’est pas sans précédent,
l’agression des États-Unis et du Royaume-Uni contre l’Irak en 2003 est un
précédent tout à fait lamentable. Reste que jamais, depuis 1945, autant de
principes de la Charte ont été aussi cyniquement violés par une grande
puissance, en l’occurrence la Russie. Jamais au moins depuis 1962, la menace de
l’utilisation de l’arme nucléaire n’a été si ouvertement bandi. Jamais, depuis
la Seconde Guerre mondiale, un conflit armé bien que sois limité à un
territoire d’un seul état n’a eu tant des conséquences négatives pour des très
nombreux états, pratiquement tous les états du monde d’une façon ou une autre.
De la même manière, même si c’est un peu vague, nous affrontons à l’ heure actuelle
une menace d’une guerre froide pas les États-Unis et la Russie qui se trouve
affaiblie par la folie de son président, mais entre les États-Unis et la Chine.
Une guerre froide peut nous amener à un affaiblissement du multilatéralisme, et
à une reprise assez préoccupante de la course aux armements.
L’autre
grand défi qui menace le droit international aujourd’hui est celui du désastre
environnemental, les Etats oublient la déclaration de Rio sur la terre comme
notre maison commune. L’ humanité a fait que son environnement se dégrade à tel
point que si on continue dans cette trajectoire c’est la vie elle-même sur
notre planète qui est menacée. Le changement climatique, la pollution
irrémédiable des sols, des eaux et de l’air, l’avance de la désertification, la
perte de la biodiversité sont des défis majeurs qui nous imposent à tous de
repenser non seulement nos relations entre nous, les êtres humains, mais aussi
notre relation à la planète elle-même.
En parlant
des êtres humains, laisse moi dire une fois encore que je suis extrêmement
préoccupé par le discours relativiste concernant les droits de l’homme, qui est
l’objet de plus en plus des critiques. Il ne peut pas y avoir des différences
en fonction des conceptions religieuses, politique ou économique, les droits
civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturelles sont
globaux, sont indivisibles et doivent être le même pour les femmes et pour les
hommes qui vivent sur cette planète en particulier.
Ça me
conduit à une dernière catégorie de défis qui vise le droit international, la
menace qui peut être à la base de toutes les autres menaces, la persistance des
inégalités. Inégalités entre états, bien que tous les peuples et tous les etats
sont égaux au regard du droit international mais aussi inégalité entre les
êtres humains, bien que tous les êtres humains soient né et de mort égaux en
droit et en dignité. La confiscation de la richesse pour certains au détriment
de la multitude, l’habileté de quelques dirigeants au détriment du bien être de
leur peuple, la corruption qui est une plaie tant des sociétés sont vraiment de
grandes menaces pour la paix sociale, non seulement dans les États, mais aussi
pour la paix du monde.
Bien sur
que le droit n’est qu’un instrument, il est une politique qui a réussi. ça veut
dire qu´il peut seulement être adopté, il peut seulement se former, il peut
seulement se renforcée et être appliquée s’il existe une volonté politique de
l’améliorer d’en d’appliquer les règles. Mais ne nous ne devons pas nous cacher derrière
la facile excuse on ne peut rien
on fait. Je crois que nous juristes on peut faire tant des
choses. D’abord parce qu’une société sans droit est totalement inconcevable vis à états ius belli et ensuite parce que,
pour mettre en œuvre leurs objectifs
politiques, les politiciens ont
besoin de nous les juristes
et c´est particulièrement vraie dans les sociétés complexes
dans lequel nous vivons et puis ensuite parce que alors dans la plupart des cas, nous juristes ne pouvons pas faire la droit et d’ailleurs
je crois que on doit pas faire le droit, mais on peut pas non plus être uniquement des techniciens, des machines à appliquer le droit. C’est à nous de prendre position sur le droit tel qu´il est,
c’est nous qui appartenait
à montrer comment on peut utilisée le droit de bonne foi.
On est réunis
ici aujourd’hui parce que nous sommes engagés ici dans des sociétés pour le droit international, je préfère cette expression a sociétés de droit international, dont
la fonction est précisément d’ assurer l’intégrité
et le progrès du droit international.
Je suis profondément convaincu que nous devons unir nos efforts, pas tellement pour plus de droit, mais
pour un meilleure droit. C’est
pour cette raison que j’ avais
imaginé la Première Rencontre des Sociétés
pour le Droit International en 2015 à Strasbourg. Le succès de cette première rencontre a dépassé de
beaucoup nos espérances, et la rencontre de La Haye a confirmé cela.
La
déclaration finale, tout en reconnaissant que chaque Société de droit
international a sa propre histoire et sa propre organisation, affirme que les
sociétés académiques qui ont contribué et continuent de contribuer à façonner
et à consolider les règles du droit international ont toujours un rôle
important à jouer dans le suivi, l’anticipation et la promotion des
développements nécessaires en droit international.
La réunion
de La Haye a également noté que le Réseau Mondial des Sociétés de Droit
International (GNSIL), créé en 2015, constitue un cadre approprié pour
développer des synergies entre nos sociétés et promouvoir diverses activités en
fonction des besoins et des opportunités. D’ailleurs, le réseau sous la
direction de la professeure Clémentine Bories s’emploie à le maintenir fort.
Cette réunion abordera l’avenir du réseau mondial, qui est un élément important
de cette troisième réunion.
Au nom de
tous les participants, je tiens à exprimer nos plus vifs remerciements à la
Société péruvienne de droit international, à son président et à ses
collaborateurs. Je voudrais ajouter ma gratitude pour l’accueil qui m’a été
réservé par votre pays, avec lequel j’ai des liens personnels de longue date.
Ce pays nous a donc réservé un accueil formidable et je suis honoré d’être
nommé président d’honneur de cette réunion.